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Grippe aviaire: la France ne peut toujours pas réexporter son foie gras

Un foyer de grippe aviaire a été découvert dans un élevage de canards du Tarn (photo d'illustration).

Un foyer de grippe aviaire a été découvert dans un élevage de canards du Tarn (photo d'illustration). - Philippe Huguen - AFP

Un foyer de grippe aviaire H5N8 a été détecté dans un élevage du Tarn. Le ministère de l'Agriculture annonce donc que la France ne pourra pas réexporter de foie gras hors d'Europe pour le moment.

Un foyer de grippe aviaire H5N8, "hautement pathogène" pour les oiseaux mais "inoffensif pour l'homme", a été détecté dans un élevage de canards dans la commune tarnaise d'Almayrac. C'est ce que vient d'annoncer le ministère de l'Agriculture.

Ce virus avait une première fois été détecté le 26 novembre dans le Pas-de-Calais sur des canards sauvages. Son apparition, dans un élevage cette fois, "ne permettra pas à la France de recouvrer le 3 décembre, comme envisagé, son statut indemne d'influenza aviaire". Or ce statut est indispensable pour exporter volailles et foies gras dans de nombreux pays hors d'Europe. "Pour autant, les normes internationales de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) sur la régionalisation des maladies animales doivent s'appliquer, et les exportations des produits de l'aviculture française doivent se poursuivre", soutient le ministère.

De nombreux cas ont été déclarés en Europe

Dans cet élevage du Tarn, une forte mortalité des canards (2.000 sur les 5.000 que comptait l'exploitation) avait été signalée et a entraîné des prélèvements pour analyse en début de semaine. L'Anses, l'agence de sécurité sanitaire de l'alimentation, a confirmé jeudi la présence d'un "premier foyer d'influenza aviaire hautement pathogène H5N8".

De nombreux cas ont été déclarés en Europe ces dernières semaines et "le rôle des oiseaux migrateurs apparaît prépondérant dans la diffusion de ce virus", indique le ministère, soulignant que ces nouveaux cas ne présentaient aucun lien avec l'épisode survenu l'an dernier dans le Sud-Ouest de la France.

La Direction départementale de la protection des populations du Tarn a immédiatement mis en place les mesures de gestion et de protection prévues par la réglementation européenne, souligne le communiqué. Une zone de protection de 3 km et une zone de surveillance de 10 km sont mises en place autour de l'élevage. Les canards de l'exploitation infectée vont être abattus. Suite à une enquête de traçabilité en aval, des abattages préventifs d'animaux seront réalisés dans les exploitations liées épidémiologiquement au foyer détecté. Une surveillance renforcée sera mise en place autour de ces exploitations, avec là encore l'instauration d'une zone de protection de 3 km ainsi qu'une zone de surveillance de 10 km.

D. L. avec AFP