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Finances publiques

Enseignement, santé, et retraites plombent les dépenses publiques

La France consacre 2,4% de son PIB à l'enseignement secondaire  mais compte un faible taux de diplômés.

La France consacre 2,4% de son PIB à l'enseignement secondaire mais compte un faible taux de diplômés. - -

La France consacre 54% de sa richesse nationale à la dépense publique. Dans une note publiée ce 22 juillet, le think tank France Stratégie dénonce un ratio coût/efficacité des politiques publiques bien inférieur à nos voisins européens.

L'enseignement secondaire, la santé et les retraites, voilà les secteurs dépensiers où des économies sont possibles, pointe du doigt France Stratégie, le think tank piloté par Jean Pisani-Ferry. Dans deux notes publiées ce 22 juillet, l'ex-Commissariat à la stratégie et à la Prospective revient sur la nécessaire réduction des dépenses pour assainir les finances publiques du pays.

Il rappelle que la France consacre 54% de sa richesse nationale à la dépense publique (hors intérêts de la dette) quand la zone euro y consacre en moyenne 47% de son PIB. Paris s'est engagé auprès de ses partenaires européens à ramener son déficit public de 4,3% à 3% du PIB d'ici fin 2015.

Dans une première note, le Commissariat constate que l'effort aujourd'hui mis en oeuvre par la France (50 milliards d'économies par rapport à la tendance d'ici 2017) "n'a rien d'inédit parmi les pays développés".

Passant au crible les méthodes utilisées par exemple au Canada, en Finlande et aux Pays-Bas dans les années 90 ou en Slovaquie dans les années 2000, il dégage plusieurs enseignements.

Appelant chaque administration à réaliser le maximum d'économies, il souligne notamment l'intérêt d'"opérer des arbitrages stratégiques" et de ne pas se contenter de "raboter" chaque budget sans réfléchir à l'améliorer.

Un système de santé coûteux mais peu efficient

Mais c'est dans sa deuxième note que France Stratégie bouscule davantage les habitudes, en dressant une comparaison coût/efficacité des politiques publiques en France et dans d'autres pays européens.

Il en ressort que dans trois secteurs, l'enseignement secondaire, la santé et les retraites, l'Hexagone est à la traîne de ses voisins.

"Les dépenses en enseignement secondaire ne démontrent pas une performance remarquable au regard des autres pays", constate le Commissariat, pointant notamment "un faible taux de diplômés du secondaire". La France consacre 2,4% de son PIB à l'enseignement secondaire

"Le système de santé français est coûteux, performant mais peu efficient", poursuit-il, militant pour une organisation des soins "moins hospitalo-centrée".

Dans une moindre mesure enfin, France Stratégie explique que si la France se place en troisième position pour sa performance en matière de politique de retraites (notamment le bon niveau des pensions et leur rôle dans la lutte contre la pauvreté), derrière le Luxembourg et les Pays-Bas, elle dégringole lorsqu'il s'agit de limiter les inégalités chez les retraités.

C.C. avec AFP