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Présidentielle: l'OFCE passe au crible les programmes des candidats

L'OFCE juge les programmes économiques des candidats à la présidentielle

L'OFCE juge les programmes économiques des candidats à la présidentielle - Patrick KOVARIK / AFP

L'OFCE a évalué les effets attendus des mesures économiques des cinq principaux candidats. Le constat est particulièrement sévère.

Croissance modeste avec Emmanuel Macron, accroissement des inégalités avec François Fillon et creusement du déficit public avec Benoît Hamon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon: l'OFCE s'est livré à une comparaison des propositions économiques des cinq principaux candidats à l'élection présidentielle.

Dans une note publiée ce vendredi, l'Observatoire français de la conjoncture économique réalise une évaluation de l'effet attendu des mesures présentées par les cinq principaux candidats à la présidentielle sur les finances publiques, les entreprises, les ménages et l'environnement.

"François Fillon veut réaliser des transferts vers les entreprises et réduire fortement les déficits publics structurels pour accroître la compétitivité, au risque d'une compression du pouvoir d'achat des ménages les moins aisés et d'un accroissement des inégalités" expliquent les rédacteurs de cette étude, anticipant une "faible réduction du chômage" si son programme est appliqué.

Déficit public creusé pour Mélenchon, Hamon et Le Pen

Le candidat de la gauche radicale "Jean-Luc Mélenchon parie sur une relance par la demande et l'investissement au risque d'une dérive des finances publiques et d'un creusement marqué du déficit extérieur", écrivent les auteurs qui mettent en doute la prévision du candidat de la France insoumise, à savoir un déficit de 2,5% du PIB en 2022 avec une hypothèse de croissance de 2% en moyenne sur le quinquennat. "Avec cette croissance, un tel programme conduirait à creuser le déficit public de 2 points de PIB sur le quinquennat plutôt qu'à le réduire d'un point de PIB", estiment-ils. En 2016, le déficit public s'est établi à 3,4% du PIB.

Le candidat du PS "Benoît Hamon mise sur la réduction des inégalités et la lutte contre la pauvreté monétaire au risque de sous-estimer le coût de la mise en place de son revenu universel d'existence et d'une dégradation de la compétitivité-prix des entreprises", résume l'OFCE.

"La sortie de l'euro proposée par (la candidate du Front national) Marine Le Pen est une rupture radicale qui rend la comparaison délicate, mais sera plus importante dans ses effets que les nombreux transferts, coûteux pour les finances publiques, vers les ménages français". Son programme ne tient pas compte selon l'OFCE des "conséquences négatives du retour à une monnaie nationale et des réactions en chaîne de nos partenaires commerciaux face à une telle politique".

"Croissance modérée" pour Macron

De son côté, le candidat d'En marche! "Emmanuel Macron veut utiliser les gains attendus du retour de la croissance pour améliorer la situation des agents au risque de rester dans une phase de croissance modérée" et de ne pas parvenir à enclencher une "vraie dynamique de sortie de crise".

Enfin, "les programmes sont assez silencieux sur les enjeux de la transition énergétique sauf pour Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon", observent les experts de l'OFCE.

P.L avec AFP