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Lagarde: "Un allègement de la dette grecque sera nécessaire"

Christine Lagarde considère que le dossier grec est à "mi-chemin"

Christine Lagarde considère que le dossier grec est à "mi-chemin" - Emmanuel Dunand - AFP

La directrice générale du FMI a de nouveau appelé mercredi à alléger le fardeau de la dette grecque. Ce qui risque de se heurter au refus allemand.

Pour Christine Lagarde, il y a encore du pain sur la planche dans le dossier grec. La directrice générale du FMI a jugé mercredi que "les discussions" avec Athènes et ses créanciers de la zone euro n'en étaient qu'"à mi-chemin", appelant de nouveau les Européens à alléger la dette.

"Ce que j'ai vu au cours des deux dernières semaines va dans la bonne direction", a-t-elle déclaré à Bruxelles au cours d'une intervention devant le centre de réflexion européen Bruegel. Mais "nous n'en sommes qu'à mi-chemin", a-t-elle prévenu.

Un plan d'aide au point mort

Dans moins de dix jours, tous les ministres de la zone euro convergeront à Washington pour les réunions de printemps du FMI et la question épineuse de la dette grecque devrait être au centre de leurs discussions.

Les discussions entre Athènes et ses bailleurs de fonds, la zone euro et le FMI, patinent depuis des mois, ce qui bloque la poursuite du troisième plan d'aide de 86 milliards d'euros consenti en juillet 2015 et qui court jusqu'en juillet 2018.

La semaine dernière, le gouvernement grec a accepté de s'engager sur des mesures économiques qu'il devra mettre en oeuvre en 2019 et 2020 pour satisfaire ses créanciers. Cela devrait dégager la voie au versement d'une nouvelle tranche de crédit.

"Un allègement de dette nécessaire"

Une manne d'argent frais dont Athènes aura bientôt besoin puisqu'elle doit rembourser des créances de plus de sept milliards d'euros en juillet.

"La prochaine étape (...) consiste à trouver la bonne application de ces engagements et le diable se cache dans les détails", a prévenu Christine Lagarde.

"Une fois que ce sera fait, (...) la soutenabilité de la dette de la Grèce devra être discutée et nous savons (...) qu'un allègement de la dette sera nécessaire", a-t-elle ajouté. 

"L'étendue" de cet allègement sera décidée "à la fin du programme", mais "les modalités" doivent être décidées "à l'avance", a-t-elle rappelé.

Les créanciers de la Grèce sont divisés sur la question de la dette. Le FMI, pour l'instant simple conseiller technique dans le troisième plan d'aide alors qu'il avait eu un rôle majeur dans les deux premiers, préconise un allègement substantiel de la dette.

Ce que l'Allemagne, principal créancier de la Grèce, refuse. Berlin insiste cependant pour que le FMI participe financièrement au programme.

"Nous n'y sommes pas encore", a répondu mercredi Christine Lagarde, qui dit vouloir connaître "le degré d'engagement" des Européens sur ce point.

J.M. avec AFP